Mardi 20 septembre 2005 2 20 /09 /Sep /2005 00:00

                   L'UNION ET LES COMMUNAUTES

 

 

La création de l'Union européenne par le traité de Maastricht a singulièrement compliqué l'architecture communautaire. Jusqu'alors la réalisation de l'Union demeurait un objectif de la construction européenne. Désormais, l'apparition dans le traité d'une Union européenne, sans que disparaissait pour autant les Communautés existantes, rend difficile la visibilité de l'ensemble. On notera que les auteurs du traité de Maastricht n'ont pas voulu donner une forme définitive à l'Union qu'ils mettaient en place, d'où l'intitulé choisi pour le traité, traité sur (et non de) l'Union européenne. Ce caractère évolutif est d'ailleurs précisé dans le préambule qui fait référence à "la perspective des étapes ultérieures à franchir pour faire progresser l'Union européenne".

 

 

 

 

L'article 1 (ex-A) indique, dans son troisième alinéa que "L'Union est fondée sur les Communautés européennes complétées par les politiques et formes de coopération instaurées par le présent traité. Elle a pour mission d'organiser de façon cohérente et solidaire les relations entre les Etats membres et leurs peuples." L'Union englobe donc les trois Communautés (Communauté européenne, Communauté européenne du charbon et de l'acier, Communauté européenne de l'énergie atomique), la politique étrangère et de sécurité commune (titre V du TUE), et la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures (titre VI du TUE). D'où l'image souvent utilisée d'une structure de l'Union en trois piliers, le pilier communautaire, le pilier consacré à la politique étrangère et le pilier consacré à la justice et aux affaires intérieures.

 

 

 

 

Dans le cadre de cette structure, les trois Communautés ont chacune la personnalité juridique. Le traité sur l'Union européenne n'accorde pas expressément la personnalité juridique à l'Union et la question de savoir si l'Union en pratique dispose actuellement d'une telle personnalité, fait l'objet de débats. La fusion des trois Communautés en une Communauté unique a été envisagée à plusieurs reprises. Lors de la création de la CEE et d'Euratom, le principal obstacle à la fusion des traités résidait dans le fait que le système institutionnel de la CECA. L'impossibilité de trouver un accord sur cette question a conduit à abandonner l'hypothèse d'une fusion des Communautés et de l'Union. Les travaux ont montré que ces deux hypothèses étaient techniquement réalisables sans altérer le contenu de chacun des traités. L'entité résultant de la fusion aurait eu des compétences différentes selon qu'elle agissait dans le cadre de chaque Communauté et de l'Union. Cependant, la Conférence a renoncé à la fusion. En raison de la prochaine extinction du traité CECA, le moment était mal choisi pour fusionner celle-ci avec les deux autres Communautés. De plus, la rédaction d'un traité unique regroupant les dispositions des trois traités communautaires conduisait à l'obligation de soumettre ce nouveau traité, c'est-à-dire tout l'acquis communautaire à ratification. Le risque n'était pas improbable de voir certaines parties de cet acquis contestées, au sein des Parlements nationaux, lors des débats liés à la ratification. Enfin, il paraissait à certains Etats membres prématuré d'effectuer cette fusion en l'état actuel de l'Union dont ils craignaient, à tort, qu'elle ne conduise à une remise en cause de la structure en piliers. Le débat n'était cependant pas clos et une déclaration à l'acte final du traité d'Amsterdam prévoit que les travaux relatifs à la consolidation des traités devront être menés à terme et que le résultat en sera publié, à titre d'exemple. La tâche a été accomplie et elle servira certainement de base aux travaux de la conférence intergouvernementale de 2004.

 

 

 

 

Afin d'éviter la multiplication d'institutions due à l'existence de trois Communautés, lors de l'entrée en vigueur du traité de Rome, une convention relative aux institutions communes instituait une Assemblée et une Cour commune aux trois Communautés. Puis, en 1965, le traité sur la fusion des exécutifs mettait en place un Conseil et une Commission unique. Les institutions sont donc communes aux trois Communautés, mais, bien entendu, à défaut d'une fusion des traités, lorsqu'elles interviennent dans un domaine déterminé, elles suivent les règles de procédure et de fond prévues par le traité qui régit ce domaine.

 

 

 

 

Lors de la négociation du traité sur l'Union européenne, les auteurs du traité ont poursuivi dans la voie de mise en place d'un système institutionnel commun. Au lieu de doter l'Union d'institutions distinctes, ils ont prévu que l'Union disposerait d'un cadre institutionnel unique, c'est-à-dire que les mêmes institutions seraient utilisées à la fois dans le cadre des titres V (PESC) et VI (JAI) du TUE et dans le cadre communautaire. Cette solution permettait d'assurer la cohérence entre l'action communautaire et celle qui se développe dans le cadre des deux autres piliers (article 3, ex-C, TUE). Bien entendu, les institutions communautaires lorsqu'elles agissent respectent les règles de procédure et de fond qui découlent des dispositions des traités applicables au domaine d'action dont il s'agit (article 5, ex-E, TUE). Ainsi, le Conseil peut agir, selon le cas, comme le Conseil de l'Union, Conseil de la Communauté européenne du charbon et de l'acier ou Conseil de la Communauté européenne de l'énergie atomique. On se trouve dans une situation que l'on qualifiait autrefois d'union personnelle dans laquelle les mêmes institutions peuvent agir pour des sujets de droit différents selon les règles propres à chacun de ces sujets. Afin de bien déterminer ce qui relève du cadre institutionnel commun, les articles 28 (ex-J.18) et 41 (ex-K.13) TUE énumèrent ceux des articles du traité CE applicables respectivement au second et au troisième pilier.

 

 

 

 

L'existence d'un cadre institutionnel unique n'est pas sans incidence sur le fonctionnement de l'Union. Tout d'abord, et c'était bien l'objectif des auteurs du traité, elle favorise la cohérence entre les politiques menées dans le cadre des trois piliers. Dans la mesure où la même institution, au cours de la même réunion, traite de questions relevant des différents piliers, elle est amenée à agir de telle sorte que les décisions prises dans le cadre de l'un des piliers ne soit pas incompatibles avec celles adoptées dans le cadre des deux autres. Ceci devrait tout particulièrement permettre de maintenir la cohérence de la politique externe de l'Union partagée entre les questions qui relèvent de la politique économique des Communautés et les questions qui relèvent de la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union. L'article 13 (ex-J.3) TUE confie d'ailleurs au Conseil le soin de veiller tout particulièrement à cette cohérence et il a d'ailleurs adapté son organisation pour assurer celle-ci, notamment en s'assurant, par une fusion des groupes de travail, que les questions relevant de la politique communautaire et de la PESC soient traitées, en son sein, par les mêmes instances.

 

 

 

 

Les conséquences de l'existence d'un cadre institutionnel unique ne sont pas seulement politiques, elles peuvent être juridiques. Ainsi, à l'exception de certains particularismes CECA, l'ensemble des activités de l'Union sont intégrées dans un même budget qui est d'ailleurs intitulé "Budget de l'Union européenne". Ainsi, la Cour de justice a jugé que, dès lors qu'un acte concernait les trois Communautés, il était possible de se fonder sur une disposition contenue dans l'un de ces traités pour en contester la validité (à propos d'un recours contre une résolution du Parlement européen). Plus récemment et de manière plus surprenante puisque le traité sur l'Union européenne excluait, dans sa version antérieure au traité d'Amsterdam, toute compétence de la Cour pour apprécier la validité des actes du Conseil dans le cadre troisième pilier, le tribunal de première instance se déclarait compétent pour examiner une décision du Conseil refusant l'accès à certains documents dans le cadre du troisième pilier. Le tribunal a estimé que la décision relative à l'accès du public aux documents s'appliquant aux trois piliers, il était compétent pour apprécier la légalité d'une décision du Conseil prise en application de celle-ci, car la matière ne portait pas sur la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures, mais sur la procédure d'accès aux documents (arrêt du 17 juin 1998). L'arrêt est important, car il montre comment une interprétation extensive de la notion de cadre institutionnel unique pourrait conduire à la Cour à se déclarer compétente pour examiner toutes les activités relatives au deuxième et au troisième pilier, sous leurs aspects procéduraux. Telle n'est sans doute pas la position du tribunal qui a considéré que l'acte attaqué ne relevait pas du TUE, mais reposait sur une décision adoptée sur la base du traité CE. De toute façon, le problème ne concerne plus aujourd'hui que la PESC puisque, de toute façon, le traité d'Amsterdam donne compétence à la Cour pour statuer sur la validité des actes adoptés dans le cadre de la JAI.

 

 

 

 

Il n'en demeure pas moins que, telle qu'elle se présente actuellement, la structure de l'Union est complexe et peu compréhensible du grand public, voire de la presse. La distinction entre l'Union et les Communautés est mal comprise des observateurs, d'où la tendance naturelle à substituer d'une manière générale le terme d'Union à celui de la Communauté, comme si la fusion des traités avait été effectuée. Dans ce contexte, le vocabulaire précède les réalités juridiques.

 

 

Par C SIMON NAY - Publié dans : europe
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Mardi 20 septembre 2005 2 20 /09 /Sep /2005 00:00

                       LE DYNAMISME COMMUNAUTAIRE

 

 

L'histoire de la Communauté témoigne ainsi de la permanence du mouvement d'approfondissement de la construction européenne. Ce dynamisme n'est pas seulement politique et l'une des difficultés que rencontre le juriste, lorsqu'il étudie le droit communautaire, réside dans le caractère très évolutif de ce droit. Ceci n'a rien de surprenant puisque les Communautés n'ont pas été créées seulement pour gérer des situations existantes, mais surtout pour réaliser un objectif économique à plus long terme, la création d'une union européenne. Les auteurs des traités lorsqu'ils évoquaient dans le préambule du traité CEE, la création d'une "union sans cesse plus étroite" entre les Etats membres, attestaient de ce caractère éminemment évolutif des Communautés européennes. Mais cette affirmation n'est pas limitée au traité CEE et le préambule du traité sur l'Union européenne témoigne lui aussi de la résolution des Etats "à poursuivre le processus créant une union sans cesse plus étroite entre les peuples d'Europe...", résolution réaffirmée à l'article A (aujourd'hui article 1) du même traité. Dans la mesure où l'objectif est de construire une Union, le juriste ne peut raisonner sur un donné existant qu'il s'agirait d'organiser, mais sur un processus qui se développe en interaction constante avec le monde extérieur. Léontin-Jean Constantinesco rendait bien compte de cette situation lorsqu'il écrivait "L'intégration européenne n'est pas un être mais un devenir; elle n'est pas une situation acquise, mais un processus; elle n'est pas un résultat, mais l'action devant mener à ce résultat".

 

 

 

 

LA NATURE DU DYNAMISME

 

 

Le dynamisme communautaire trouve son origine dans la conviction des fondateurs de la Communauté que, devant la difficulté de mettre en place d'un seul coup une Union politique européenne, seule était réaliste une démarche progressive s'appuyant sur des solidarités partielles qui seraient progressivement étendues. Cette démarche se reflète dans le préambule des traités et, particulièrement, dans le préambule du premier d'entre eux, le traité CECA: "Conscients que l'Europe ne se construira que par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait, et par l'établissement de bases communes de développement économique". Cette formule se retrouve dans le préambule du traité CEE lorsqu'il fait état de la détermination des Etats "à établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens". Enfin, le préambule de l'Acte unique européen fait clairement référence à cet objectif lorsque les Etats membres se déclarent "animés de la volonté de poursuivre l'oeuvre entreprise à partir des traités instituant les Communautés européennes et de transformer l'ensemble des relations entre leurs Etats en une Union européenne conformément à la déclaration solennelle de Stuttgart du 19 juin 1983".

 

 

 

 

La finalité du processus est donc claire, au moins sur le plan du vocabulaire, puisqu'il s'agit d'instituer une Union européenne. Il n'en demeure pas moins que le contenu de la future Union n'a jamais été esquissé dans un document d'ensemble. En fait, le terme d'Union européenne, qui est aujourd'hui consacré par les traités, a dû sa fortune à sa remarquable ambiguïté. Il a permis, au début des années 70, d'esquiver le débat entre avocats d'une fédération et partisans d'une confédération. Ce débat ne pouvait donner de résultats positifs puisque le terme d'ensemble fédéral recouvrait des réalités différentes pour les protagonistes. Les uns (Britanniques, Danois, Français, Grecs...) voyaient essentiellement dans le fédéralisme la perte de souveraineté des parties composantes au profit des autorités centrales. Il s'agissait donc d'un processus centralisateur. Les autres (Allemands, Belges, Italiens, Luxembourg, Néerlandais...) analysaient le fédéralisme comme un système qui reconnaît la plus grande autonomie aux parties composantes, les autorités centrales n'exerçant que des compétences limitées, nécessaires au bon fonctionnement du système. Dans leur esprit, une construction fédérale permettait donc de garantir le statut des nations qui en feraient partie. Du fait de ces divergences d'interprétation du fédéralisme, le recours au vocabulaire fédéral était exclu. L'emploi d'un terme neutre comme celui de l'Union a permis de mettre fin à ce débat idéologique puisque tous pouvaient s'y reconnaître dans la mesure où il ne recouvrait que ce que chacun voulait bien y mettre. Le rapport des Sages, demandé par le Conseil européen de Bruxelles en 1978, traduit de façon remarquable ce syncrétisme, "Quand on parle d'Union européenne, on parle moins d'un objectif déterminé que d'un mouvement vers une communauté qui se comporterait d'une façon de plus en plus solidaire dans ses efforts pour résoudre les multiples difficultés auxquelles la Communauté elle-même et les Etats membres ont à faire face dès maintenant...". En d'autres termes pour les Sages, l'Union est un mouvement.

 

 

 

 

Cette indétermination sur les finalités a sans doute permis les évolutions, celles-ci pouvant davantage être présentées comme des fruits de la nécessité que comme des étapes vers un objectif prédéterminé. C'est ainsi que, s'il n'a pas été possible d'insérer dans le traité sur l'Union européenne, une référence à la vocation fédérale de l'Union européenne, l'absence d'une telle référence a sans doute contribué à l'acceptation des novations qu'il contenait. En d'autres termes, le dynamisme communautaire s'est traduit par un approfondissement progressif de l'Union sans que pour autant la forme ultime que celle-ci devrait prendre ait été définie.

 

 

 

 

LES ILLUSTRATIONS DU DYNAMISME

 

 

Les manifestations du dynamisme sont nombreuses dans le système communautaire. Il existe tout d'abord un dynamisme organisé par le traité lui-même. Ainsi l'article 138 du traité CEE qui prévoyait l'élection ultérieure du Parlement au suffrage universel direct, l'article 201 qui permettait la mise en place ultérieure de ressources propres aux Communautés, ont constitué autant de moyens de faire évoluer celles-ci. On pourrait également citer, dans le traité d'Amsterdam, le titre relatif aux visas, à l'asile et à l'immigration qui prévoit, après un délai de cinq ans, la faculté de décider du passage à la majorité qualifiée, et en codécision avec le Parlement européen, des matières qui relèvent de ce titre. Font partie du même esprit de développement progressif de la Communauté les obligations de rendez-vous telles la clause de l'article 30 de l'Acte unique européen qui imposait aux parties contractantes d'examiner dans les cinq ans suivant l'entrée en vigueur du texte s'il y avait lieu de réviser celui-ci ou l'article N§2 du traité sur l'Union européenne qui prévoyait une conférence de révision de certaines de ses dispositions en 1996 (article N§2) ou encore le protocole d'Amsterdam qui prévoit une révision des traités liée à l'élargissement.

 

 

 

 

Il existe ensuite un dynamisme né de la pratique des institutions. Celles-ci ont été contraintes de coopérer pour permettre à la Communauté de fonctionner. D'où le nombre d'échanges de lettres, de déclarations communes, voire de pratiques non écrites qui jalonnent la vie institutionnelle communautaire, solutions négociées suite à des conflits sur les "zones grises" du traité, autrement dit les domaines dans lesquels les pouvoirs des institutions ne sont pas précisés par le traité ou peuvent donner lieu à des interprétations divergentes de telle sorte que la pratique joue un rôle essentiel. En dehors de toute difficulté d'interprétation, la pratique peut également marquer une évolution des pouvoirs des institutions dans le respect de la lettre des traités. Fréquemment, les révisions ultérieures des traités viennent codifier les pratiques existantes, telles, par exemple, les dispositions du traité sur l'Union européenne qui reconnaissent aux citoyens de la Communauté un droit de pétition au Parlement européen alors que le règlement du Parlement leur avait octroyé ce droit depuis longtemps.

 

 

 

 

Mais parfois, le dynamisme procède de façon externe par rapport au traité et utilise la voie intergouvernementale. Le cas du Conseil européen qui n'a été officialisé que par sa mention dans l'article 2 de l'Acte unique européen, soit quatorze ans après sa création par le Sommet de Paris, en est une illustration. Mais à cet égard, il est particulièrement intéressant de s'arrêter sur le cas de la coopération politique. Le plan Fouchet présenté par la France en 1961 visait à la création d'une Union européenne dotée d'une politique étrangère commune et d'une politique commune de défense. Après l'échec du plan Fouchet, le rapport Davignon, publié en octobre 1970, mettait en place les mécanismes de la coopération politique en matière de politique extérieure, lesquels seront perfectionnés en 1973 à Copenhague. Le Conseil européen s'intégrera dans le système en 1974. La coopération sera renforcée progressivement jusqu'à ce qu'elle soit officialisée dans l'Acte unique avec une structure qui n'est pas très éloignée de celle du plan Fouchet. L'Union reposait donc sur deux piliers, l'un intergouvernemental, la coopération politique, l'autre intégré, la Communauté. Le traité sur l'Union européenne place ces deux piliers, qui restent distincts, dans le cadre d'une structure institutionnelle commune. Si la politique étrangère commune et de sécurité relèvent davantage de la coopération que de l'intégration, l'utilisation d'institutions communes, l'existence d'actions communes dont les mesures d'application peuvent, le cas échéant, être régies par la règle majoritaire, l'obligation de cohérence entre la PESC et l'action extérieure de la Communauté rappelée à l'article 3 (ex-C) du traité sur l'Union européenne indiquent que les dispositions actuelles constituent un point de départ vers une nouvelle évolution. Le traité d'Amsterdam poursuit dans cette voie en renforçant les structures et le processus de décision. Une analyse similaire pourrait être conduite à propos de la coopération en matière d'immigration laquelle, après avoir été menée dans un cadre purement intergouvernemental, se trouve consacrée dans le titre VI du traité sur l'Union européenne. Puis, une partie des matières relevant de ce titre a été insérée dans le cadre communautaire par le traité d'Amsterdam. Une autre illustration de cette démarche progressive est la coopération entre certains Etats membres dans le cadre de la convention de Schengen que le traité d'Amsterdam intègre dans le nouveau dispositif. Dans ce contexte, on est passé de l'informel au formel, puis à l'intégration dans le secteur communautarisé.

 

 

 

 

L'ANALYSE DU DYNAMISME PAR LA SCIENCE POLITIQUE

 

 

Le phénomène du dynamisme communautaire a fait l'objet de tentatives d'explications des spécialistes des sciences politiques qui ont essayé d'en donner une analyse globale. Cependant, la spécificité communautaire empêchant toute comparaison avec des structures de même type, la valeur des théories explicatives s'en trouve réduite. C'est essentiellement la théorie fonctionnaliste qui a pris en compte le phénomène de l'intégration communautaire. D'ailleurs, Jean Monnet lui-même peut être considéré comme un fonctionnaliste pragmatique. Selon la conception du père de l'école fonctionnaliste, D. Mitrany, il existerait des valeurs universelles à sauvegarder comme la paix, la prospérité, la justice. Or l'Etat-Nation serait incapable de faire face à cette mission parce qu'il s'agit de problèmes dont la solution dépasse le cadre national. Seuls des regroupements d'Etats constitués sur une base fonctionnelle et technocratique pourraient faire face à ces questions dans le cadre d'institutions spécialisées. L'existence d'un grand nombre d'institutions spécialisées entraînerait un besoin de coordination globale et ainsi par voie de "ruissellement" la création d'une institution mondiale. L'expérience a montré les limites de la vision de Mitrany. Il a été longtemps impossible de trouver un accord sur le contenu à donner aux valeurs universelles et les désaccords subsistent encore sur leur interprétation. Il n'est pas non plus possible d'établir une distinction entre ce qui est technique et relève d'une coopération fonctionnelle, et ce qui est politique comme l'a montré la crise des institutions spécialisées des Nations Unis dans les années 80. Enfin, l'interdépendance des problèmes condamne la recherche d'une coopération qui serait uniquement sectorielle soit à l'inefficacité, soit au déploiement d'efforts considérables en vue d'une impossible coordination.

 

 

 

 

L'école néo-fonctionnaliste corrige la vision de Mitrany en appliquant son analyse dans le cadre régional puisqu'à ce niveau les solidarités géographiques, économiques, culturelles devraient favoriser l'intégration. Fidèles à la théorie du ruissellement, les néo-fonctionnalistes mettent l'accent sur la réalisation de l'intégration par étapes successives, le passage d'une étape à l'autre s'appuyant sur le phénomène de spill over (débordement), tout progrès dans l'intégration appelant nécessairement d'autres progrès. Dans un premier temps, le débordement était conçu comme devant se réaliser de manière automatique, les difficultés rencontrées dans la réalisation de l'intégration appelant automatiquement un passage à un niveau supérieur, seule solution permettant de résoudre ces difficultés. Mais cette vision ne pouvait expliquer les longues périodes de stagnation qu'a connu l'intégration européenne, notamment dans les années 60. Aussi s'est-elle vue préférer la conception du débordement "cultivé" qui explique les progrès dans l'intégration, non seulement par des nécessités techniques, mais aussi par la création d'un phénomène d'interdépendance et d'interpénétration au niveau des élites politico-administratives. Si les progrès ne sont pas automatiques et si une décision politique est nécessaire pour passer à un niveau supérieur de l'intégration, cette décision est facilitée par l'interpénétration entre les élites politiques et administratives des Etats membres, lesquelles ont développé en commun un langage et une vision des problèmes.

 

 

 

 

L'intérêt de la théorie est de mettre l'accent sur le caractère évolutif du système communautaire et, en cela, la théorie du débordement est utile. De même, elle rend bien compte du rôle joué par les élites et par leur socialisation dans la réalisation du débordement. Mais, dans l'importance qu'elle attribue aux élites, elle néglige quelque peu la place de facteurs externes dans le développement communautaire. Bien des progrès de l'intégration ont trouvé racine dans la guerre froide et la conférence intergouvernementale sur l'Union politique doit autant son histoire à la chute du mur de Berlin qu'à des nécessités internes de la Communauté. En outre, les difficultés de ratification du traité sur l'Union européenne et l'apparition d'exigences d'ouverture et de transparence des institutions montrent que le rôle quasi exclusif joué jusqu'à présent par les élites a atteint ses limites et que le passage à une phase plus intégrée nécessite une adhésion de l'ensemble des citoyens. La construction européenne a cessé d'être perçue comme principalement technique et touche à l'évidence au pouvoir politique des Etats. Passé un certain niveau d'intégration, le caractère politique latent de la construction européenne est devenue manifeste pour l'opinion publique. Tout progrès donne dès lors lieu à des débats nationaux et, dans certains cas, à référendum. La méthode fonctionnelle n'atteint-elle pas alors ses limites?

 

 

 

 

LES FORMES POLITIQUES DU DYNAMISME

 

 

La réflexion sur les formes politiques du développement des Communautées européennes a longtemps opposé les réalistes, partisans d'ajustements progressifs aux tenants d'une mutation globale vers un système fédéral. On raisonnait en termes de petits "petits pas", c'est-à-dire de progrès limités, ou de "grand bond", c'est-à-dire d'une transformation fondamentale. L'opposition n'est pas justifiée. Chacune des démarches connaît son moment et ses limites, notamment dans le domaine institutionnel.

 

 

 

 

Le passage par un grand bond de la Communauté à une Europe fédérale, si tel devait être l'avenir, exigerait pour se produire des conditions exceptionnelles, et notamment une pression externe suffisamment forte, pour qu'elles puissent susciter tant une demande populaire qu'une renonciation des Etats membres à leur souveraineté. Ces conditions n'ont jamais été remplies. Pour reprendre la terminologie fonctionnaliste, les Etats n'ont jamais eu le sentiment de se trouver dans l'incapacité radicale de remplir leurs fonctions. Cette situation risque d'autant moins de se produire qu'aujourd'hui la Communauté existe et fournit un cadre évolutif permettant une adaptation progressive aux réalités. En témoigne le fait que la perspective de l'adhésion des Etats d'Europe centrale ne suscite qu'une volonté d'adaptation des institutions et des politiques et non de mutation globale de la Communauté. Ceci ne veut pas dire qu'une mutation de l'Union ne puisse se produire comme en témoigne les débats actuels sur une constitution européenne. Mais cette mutation est l'aboutissement d'un long processus d'intégration.

 

 

 

 

Si le grand bond ne s'est pas produit et s'il est difficile d'envisager aujourd'hui qu'il puisse se produire, on a assisté à des révisions partielles. Les traités sur les questions budgétaires, la révision la plus large introduite par l'Acte unique européen, les deux conférences intergouvernementales, l'une sur l'Union économique et monétaire, l'autre sur l'Union politique qui ont abouti au traité sur l'Union européenne et enfin les traités d'Amsterdam et de Nice ont permis de profondes mutations. La caractéristique de certaines de ces révisions partielles semble être qu'elles viennent, en grande partie, consolider des progrès accomplis dans la pratique. En effet, on a vu que les traités n'avaient pas entièrement déterminé la pratique institutionnelle et laissaient de larges zones grises. Les institutions procèdent, dans la pratique, à des ajustements limités dans le cadre du système. Il ne leur est guère possible d'aller au-delà, car la Cour veille avec attention, comme on le verra plus loin, à ce qu'elle appelle l'équilibre institutionnel. Mais ces ajustements ou ces évolutions, fréquemment informels, sont nombreux et importants. Ils résultent soit de la pratique unilatérale d'une institution, soit d'un accord entre institutions. On a vu ces dernières années se multiplier les accords interinstitutionnels, les codes de conduite, les modus vivendi ou les échanges de lettres... Tout ceci donne naissance à des pratiques que la révision des traités vient consacrer ou prolonger. Certes, il est possible d'assister, c'est plus particulièrement le cas du traité sur l'Union européenne et du traité d'Amsterdam, à de véritables innovations, mais il est rare que ces innovations ne se situent pas dans le prolongement de progrès antérieurs.

 

 

 

 

Il arrive également que des pratiques que certains considèrent comme "régressives" perdurent, comme c'est le cas du soi-disant droit de veto instauré par le prétendu compromis de Luxembourg. Ledit compromis n'a aucune existence juridique et n'a plus été formellement invoqué depuis l'Acte unique européen, mais son existence est régulièrement rappelée par certains Etats membres. On peut cependant noter dans le traité d'Amsterdam, dans le cadre de la coopération renforcée le recours à une technique tirée du compromis de Luxembourg. La coopération renforcée est décidée à la majorité qualifiée, mais un Etat peut s'y opposer lorsque des raisons politiques nationales importantes sont en cause auquel cas le Conseil européen est saisi et décide. On trouve ici un exemple de consécration partielle d'une pratique dite "régressive". En fait, cette disposition a disparu du traité de Nice. Seule subsiste la possibilité d'évoquer la question au niveau du Conseil européen après quoi la procédure majoritaire normale s'applique.

 

 

 

 

Les exemples de pratiques "progressistes" consacrées par la suite dans le cadre d'une révision des traités sont plus nombreux. On peut retenir, à titre d'illustration, la mise en place, dans le cadre de l'Acte unique, de la procédure de coopération qui rend plus efficace la participation du Parlement européen à la procédure législative. En fait, cette procédure est, pour une grande part, inspirée de la pratique antérieure telle qu'elle s'était développée dans le cadre de la procédure de consultation du Parlement. La procédure de codécision, introduite par le traité sur l'Union européenne pousse à son terme la logique de la coopération en donnant un caractère définitif au droit de rejet du Parlement. Enfin, le traité d'Amsterdam améliore la codécision en donnant, cette fois-ci au Parlement, non seulement le pouvoir de s'opposer, mais en subordonnant l'acceptation d'un texte à un vote positif du Parlement et du Conseil. On mesure le caractère progressif de la démarche qui mêle de réelles innovations à la confirmation de pratiques antérieures.

 

 

 

 

L'INTEGRATION ET COOPERATION DANS LE DYNAMISME COMMUNAUTAIRE

 

 

Les exemples de dynamisme ont été choisis dans le cadre du processus communautaire intégré. Or, il existe également des formes de coopération. Le même dynamisme joue-t-il également dans ce contexte? On doit d'abord souligner que coopération et intégration ne s'excluent pas l'une l'autre. Dans tous les Etats fédérés, il existe, à côté des compétences fédérales, des secteurs qui, bien que relevant de la compétence des Etats fédérés, font l'objet d'une coopération étroite entre ceux-ci et la fédération. On emploie parfois à cet égard le terme de fédéralisme coopératif. Or les "idées reçues" dans la doctrine, qui sont généralement favorables à une intégration de type fédéral, tendent à faire de la coopération un mécanisme purement intergouvernemental, expression du mal absolu. Cependant, le traité lui-même introduit la coopération dans le champ communautaire et donne compétence à la Communauté pour l'organiser. Il en va ainsi de l'article 102 A (actuel article 48), introduit par l'Acte unique, sur la coopération économique et monétaire. Le traité sur l'Union européenne a profondément enrichi cette coopération dans le domaine économique et a fait passer le domaine monétaire de la coopération à l'intégration.

 

 

 

 

L'existence d'une obligation de coopérer n'est pas sans conséquences juridiques. Ainsi, l'article 118 du traité CEE (aujourd'hui article 140) confiait à la Commission le soin de promouvoir une coopération étroite entre les Etats membres dans le domaine social. Sur cette base, la Commission avait instauré une procédure de communication préalable et de concertation sur les politiques migratoires vis-à-vis des Etats tiers. La Cour a rejeté un recours du Conseil contre cette procédure en estimant que l'article 118 conférait à la Commission des pouvoirs implicites. La Commission ne peut certes pas prendre de décision au fond, mais elle a le pouvoir de rendre la consultation préalable et la fourniture de renseignements obligatoire. La formule qui donne à la Communauté la mission d'encourager la coopération entre les Etats membres a été utilisée de manière systématique lors des élargissements de compétence prévus par le traité sur l'Union européenne et le traité d'Amsterdam. Il y est fait notamment référence en matière d'éducation, de culture, de protection de la santé, d'emploi, de coopération douanière. Ainsi, dans ces secteurs, l'harmonisation des législations nationales est en principe exclue et l'intervention de la Communauté prend essentiellement la forme de mesures organisant la concertation et de programmes destinés à soutenir financièrement la coopération entre les Etats membres. De même, le Conseil européen de Lisbonne de mars 2000 a mis en place une "méthode de coordination ouverte" en matière d'emploi, de réforme économique et de cohésion sociale. Cette méthode repose sur la fixation d'objectifs assortis de calendriers et le cas échéant, d'indicateurs pour mesurer les performances. Il appartient aux Etats membres de développer leurs politiques dans ce cadre, cette démarche étant accompagnée d'un suivi et d'un examen par les pairs (peers'review). La méthode est dite ouverte parce qu'elle associe les partenaires sociaux et la société civile au processus. Ainsi, l'idée selon laquelle le cadre communautaire serait caractérisé par l'intégration n'est pas exacte, car il peut être aussi utilisé pour renforcer la coopération entre les Etats membres.

 

 

 

 

S'agissant de la coopération dans des domaines qui n'entrent pas dans le champ du traité communautaire, certains ont manifesté la crainte de voir ce type de coopération entraîner un glissement de l'intégré vers l'intergouvernemental. L'analyse n'était pas sans fondement et le Conseil européen a pu, avant que la situation ne se stabilise, paraître jouer un rôle perturbateur dans le mécanisme institutionnel. Mais s'il a pu avoir à l'époque cet effet, c'est que le pôle institutionnel communautaire était déjà affaibli auparavant ou, plus exactement, n'avait pu s'affirmer comme prévu après l'entrée en vigueur du traité CEE. Cependant, c'est à travers le mécanisme du Conseil européen qu'ont pu être réalisés des progrès que l'on n'aurait pas jugé possibles auparavant, comme l'élection du Parlement européen au suffrage universel direct ou les mutations institutionnelles contenues dans l'acte unique. L'habitude de la coopération, la confiance mutuelle qui en résulte malgré les oppositions conjoncturelles, l'accord qui s'établit progressivement sur les objectifs contribuent à ce passage de la coopération à l'intégration. On doit dire que les réticences sont aujourd'hui ien oubliées et que chacun s'accorde à reconnaître le rôle irremplaçable du Conseil européen tant par les initiatives qu'il prend que par les orientations qu'il donne à l'action des institutions.

 

 

 

 

En outre, la coopération peut exploiter l'appareil institutionnel communautaire. C'est bien entendu le cas de la coopération organisée dans le cadre des titres V et VI du traité sur l'Union européenne, mais cette donnée s'applique également à la coopération intergouvernementale classique. Ainsi, la Cour a confirmé la possibilité pour les Etats membres de charger la Commission de tâches particulières lorsqu'ils réalisent une opération d'aide humanitaire: "L'article 155, quatrième tiret (aujourd'hui article 211) du traité n'empêche pas en effet les Etats membres de confier à la Commission la mission de veiller à la coordination d'une action collective entreprise par eux sur la base d'un acte de leurs représentants réunis au sein du Conseil".

 

 

 

 

Ainsi, l'interpénétration entre la coopération et l'intégration est étroite. Les deux démarches sont plus compétentes qu'antagonistes et il arrive que le développement de la coopération ayant atteint ses limites, les Etats membres jugent utiles d'appliquer au domaine concerné les disciplines communautaires, comme ce fut le cas dans le domaine monétaire. Cette évolution est l'un des traits du dynamisme communautaire.

 

 

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Mardi 20 septembre 2005 2 20 /09 /Sep /2005 00:00

L'ACTE UNIQUE EUROPEEN

 

 

Progressivement, la nécessité d'une nouvelle relance se fait sentir. Il apparaît, en effet, qu'il ne sera pas possible d'achever la réalisation du marché intérieur sur la base des traités existants et notamment de leurs dispositions institutionnelles qui reposent largement sur l'unanimité. De son côté, le Parlement européen, en adoptant en 1984 un projet de traité sur l'Union européenne, met en évidence la nécessité d'une révision fondamentale du dispositif institutionnel et en propose les moyens. Ces initiatives déboucheront sur la constitution d'un groupe de réflexion composé de représentants personnels des chefs d'Etat et de gouvernement et présidé par le sénateur irlandais Dooge, puis sur la convocation par le Conseil européen de Milan de juin 1985 d'une conférence intergouvernementale de révision des traités. Cette conférence aboutit à la signature, en février 1986, de l'Acte unique européen. L'Acte unique européen a été un succès parce qu'il fixait une date pour la réalisation du marché intérieur, le 1er janvier 1993, et qu'il donnait à la Communauté, notamment par l'extension des cas de vote à la majorité qualifiée et l'accroissement du rôle du Parlement européen, les moyens d'y parvenir. Mais il comporte aussi un élargissement des compétences communautaires, notamment dans les domaines de l'environnement et de la recherche. Sur un autre plan, il consacre, dans un texte juridique, la pratique de la coopération politique et officialise l'existence du Conseil européen. C'est le premier pas vers une construction qui ne soit pas exclusivement économique et il est significatif que l'objectif, affiché dans le préambule de l'Acte unique, soit "la transformation des relations entre les Etats membres en une Union européenne". La période qui suivit l'entrée en vigueur de l'Acte unique sera marquée par un intense travail législatif en vue de l'achèvement du marché intérieur.

 

 

 

 

LE TRAITE SUR L'UNION EUROPEENNE

 

 

La chute du mur de Berlin change la donne en Europe. Il devient notamment clair que le corollaire de la réunification allemande ne peut qu'être un approfondissement de l'unité européenne. Le mouvement fut lancé par la convocation lors du Conseil européen de Dublin en 1989 de deux conférences intergouvernementales, l'une sur l'Union économique et monétaire et l'autre sur l'Union politique. Le résultat de ces conférences sera le traité sur l'Union européenne signé à Maastricht le 7 février 1991. L'apport du traité est important. Tout d'abord, il réunit dans un même ensemble qu'il qualifie d'Union européenne, les Communautés, la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ainsi que la coopération dans le domaine de la justice et des affaires intérieurs (JAI). Si l'ensemble des questions relevant de l'Union est traité dans un cadre institutionnel commun, la politique étrangère et de sécurité commune (titre V du traité) et la coopération dans le domaine de la justice et des affaires intérieurs (titre VI du traité) relèvent d'un régime particulier avec un processus de décision qui fait largement recours à l'unanimité. Le rôle de la Commission et du Parlement est modeste et la Cour de justice n'est pas compétente pour statuer sur les titres V et VI.

 

 

Dans le domaine communautaire, les principales novations sont la création de l'Union économique et monétaire qui se concrétisera par la décision prise, en mai 1998, d'instaurer une monnaie unique (l'euro), la mise en place de nouvelles politiques (éducation, culture, coopération au développement, cohésion) ainsi que le recours au principe de subsidiarité pour réguler l'exercice des compétences communautaires. Sur le plan institutionnel, le rôle du Parlement est accru tant par l'instauration d'une procédure dite de codécision dans certaines matières que par sa participation à la désignation de la Commission. Enfin, un protocole social étend les compétences communautaires dans le domaine social. Ces progrès n'ont pu se faire sans l'instauration d'une certaine différenciation entre les Etats membres. Ainsi le Royaume-Uni ne participe pas au protocole social et reste libre de décider de sa participation à la monnaie unique. Le Danemark bénéficie d'une série d'exemptions. La ratification du traité ne sera pas aisée. Au Danemark, après un premier référendum négatif, il faudra que le Conseil européen d'Edimbourg confirme les exemptions danoises pour qu'un second référendum donne un résultat positif. La ratification française fut acquise par référendum après un débat difficile et la ratification allemande fut suspendue à un recours devant la Cour constitutionnelle. Finalement, le traité est entré en vigueur le 1er novembre 1993. Ces difficultés témoignent du fait que le traité sur l'Union européenne fait franchir un pas essentiel à la construction européenne. Par les transformations qu'il implique, l'Europe ne peut plus être considérée comme une réalisation économique, mais elle accède à une dimension politique, ce qui n'a pas manqué de provoquer des débats animés dans plusieurs Etats membres.

 

 

 

 

LE TRAITE D'AMSTERDAM

 

 

Les années qui suivirent l'entrée en vigueur du traité sur l'Union européenne furent marquées par l'élargissement, en 1995, de l'Union à l'Autriche, à la Finlande et à la Suède. Elles ont surtout été l'occasion d'expérimenter les nouvelles voies ouvertes par le traité et de préparer l'entrée  en vigueur des dispositions du traité relative à la monnaie unique. Le traité de Maastricht prévoyait l'ouverture d'une nouvelle conférence intergouvernementale en 1996 afin de tirer les leçons de l'expérience des premières années d'application du traité. Mais la perspective de l'élargissement de l'Union à de nouveaux Etats, et plus particulièrement aux nouvelles démocraties d'Europe centrale et orientale, donnait un autre objectif à la révision des traités La structure institutionnelle et le processus de décision, conçus à l'origine pour six Etats membres et appliqués sans grande modification à une Communauté de quinze membres, devaient faire l'objet d'un réexamen approfondi afin de préserver le caractère démocratique et l'efficacité d'une construction qui comporterait plus de vingt membres. La conférence fut, comme à l'accoutumée, préparée par un rapport d'un groupe de réflexion présidé par le ministre espagnol Westendorp. Le mandat de la conférence fut défini par le Conseil européen de Turin en mars 1996. Le résultat des négociations fut soumis à la signature des Etats membres à Amsterdam le 2 octobre 1997. Le traité d'Amsterdam n'a pas reçu un accueil enthousiaste, en partie parce qu'il n'a pas réglé l'ensemble des problèmes institutionnels liés à l'élargissement futur de l'Union. Un protocole prévoit donc une nouvelle conférence intergouvernementale qui devra régler les questions liées à la composition de la Commission et à la pondération des votes au sein du Conseil. Mais en dehors de cette question, les progrès sont significatifs: création d'une politique communautaire de l'emploi, communautarisation d'une partie des matières qui relevaient auparavant de la coopération dans le domaine des affaires intérieures et de la justice, mesures destinées à rapprocher l'Union de ses citoyens, réforme de la politique étrangère et de sécurité commune, ouverture de la possibilité de coopérations plus étroites entre certains membres, accroissement des pouvoirs du parlement et élargissement des hypothèses dans lesquelles le Conseil statue à la majorité qualifiée, simplification et renumérotation des traités... Autant de sujets qui marquent un progrès de l'Union, même si, comme à Maastricht, certains de ces résultats n'ont pu être atteints qu'au prix d'exemptions au profit du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark. Le traité d'Amsterdam est entré en vigueur le 1er mai 1999.

 

 

 

 

La signature du traité d'Amsterdam a permis l'ouverture du processus l'élargissement de l'Union et, en 1998, les négociations furent ouvertes avec Chypre, l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, la Slovénie et la Tchéquie. La Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie, puis Malte ont été insérées dans un processus de pré adhésion et les négociations d'adhésion ont été progressivement ouvertes avec ces Etats en fonction de leurs progrès réalisés sur les plans politiques et économiques. Enfin, la question des relations avec la Turquie est restée un sujet difficile. Après que l'Union ait subordonné tout progrès dans les relations avec la Turquie à des progrès importants notamment sur le plan de la démocratie et des droits de l'Homme, le Conseil européen d'Helsinki a décidé, en décembre 1999, d'admettre la Turquie parmi les candidats à l'adhésion. Bien entendu, toutes ces adhésions ne seront pas simultanées et chaque pays sera traité sur ses propres mérites au cours des négociations, mais le coup d'envoi pour une profonde mutation de la Communauté a été donné.

 

 

 

 

L'élargissement implique une large révision des politiques internes de la Communauté. Cette révision a été entreprise sur la base des propositions de la Commission rendues publiques sous le titre d'agenda 2000. Au sein de cet agenda, les questions de la politique agricole commune, des différents fonds dont celui de la cohésion économique et sociale entre les Etats membres (c'est-à-dire de l'aide apportée aux Etats les moins favorisés) et des ressources de l'Union dans la perspective de l'élargissement ont été les plus délicates. Les travaux sur l'Agenda 2000 se sont achevés grâce à l'accord obtenu lors du Conseil européen de Berlin, les 24 et 25 mars 1999. Pendant les prochaines années, l'Union sera pleinement occupée par les questions liées à son élargissement: réforme des politiques internes, négociations d'adhésion et révision des traités afin de permettre un fonctionnement efficace après l'élargissement.

 

 

 

 

LE TRAITE DE NICE

 

 

La révision des traités qui a abouti lors du Conseil européen de Nice en décembre 2000, était limitée au départ au règlement des trois questions qui avaient été laissées de côté à Amsterdam: composition de la Commission, pondération des voix au sein du Conseil et élargissement des cas de vote à la majorité qualifiée. Cette négociation a été élargie à la réforme du système de coopération renforcée mis en place à Amsterdam. Cependant, cette négociation était à peine entamée que les discours du ministre des Affaires étrangères allemand, M.-J. Fischer, et du président Chirac laissaient entrevoir la perspective d'une nouvelle révision des traités, après l'échéance de Nice.

 

 

 

 

Consacré, pour l'essentiel, au règlement de reliquats d'Amsterdam, le traité de Nice modifie, à l'issue de longues discussions, la pondération des voix au Conseil afin de garantir, dans la perspective de l'élargissement, que toute décision recueille l'appui d'Etats membres qui représentent une large majorité de la population. Il détermine la composition future de la Commission sur la base d'un représentant par Etat membre jusqu'à ce que l'Union compte 27 Etats. A partir de ce moment, le nombre des membres de la Commission sera inférieur à 27, ceux-ci étant choisis sur la base d'une rotation égalitaire entre les nationalités. Le traité fixe le nombre maximum de parlementaires à 732 et répartit les sièges entre les Etats membres. Il arrête également la composition des autres institutions et organes. Le dernier point non résolu à Amsterdam portait sur l'élargissement du recours à la majorité qualifiée. La déception qu'ont éprouvé certains en raison du maintien de l'unanimité pour la fiscalité ou la sécurité sociale ne doit pas dissimuler les progrès importants accomplis ainsi que l'élargissement du recours à la procédure de codécision. Il est vrai qu'en l'état actuel de la construction européenne, il devient de plus en plus difficile d'élargir le champ de la majorité qualifiée, car les domaines soumis à l'unanimité sont sensibles parce qu'ils touchent de près aux choix de société effectués par chaque Etat membre. Le traité de Nice rend également plus aisé le recours aux coopérations renforcées en étendant celles-ci et en supprimant la possibilité d'un veto au niveau du Conseil européen. Il comporte également des dispositions importantes destinées à rendre plus efficace le système juridictionnel communautaire. A la fin du mois de juillet, les formalités de ratification avaient été accomplies par le Danemark, la France et le Luxembourg. La population irlandaise avait refusé la notification du traité par une étroite majorité. Le Conseil européen de Göteborg au mois de juin a indiqué que le processus de ratification se poursuivrait, la question irlandaise étant résolue en temps utile comme l'avait été la question danoise lors de la ratification du traité de Maastricht.

 

 

 

 

Le mouvement ne s'arrête pas après Nice. En effet, la Conférence intergouvernementale a adopté une déclaration sur l'avenir de l'Union dans laquelle elle envisage les progrès ultérieurs et notamment la tenue d'une nouvelle conférence intergouvernementale en 2004. Un débat large et approfondi doit être engagé en 2001 sur l'avenir de l'Union avec le concours de toutes les parties intéressées au premier rang desquelles la société civile et en consultation avec les pays candidats. Le Conseil européen décidera de la manière de poursuivre le processus à la fin de 2001. Parmi les questions qui devront être abordées, la Conférence a identifié l'établissement d'une délimitation plus précises des compétences entre l'Union européenne et les Etats membres, le statut de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, la simplification des traités et le rôle des Parlements nationaux. C'est sur cette base que sera convoquée une nouvelle conférence intergouvernementale en 2004.

 

 

 

 

Cependant, ne prendre en considération que les révisions successives des traités conduirait à dissimuler les progrès importants qui ont été accomplis en matière de sécurité. L'Union a mis en place en 2000 une structure complète destinée à lui permettre d'assurer ses responsabilités en ce domaine. La création d'un comité politique et de sécurité et d'organes militaires, la constitution d'une force d'intervention rapide, la disparition des structures de l'Union de l'Europe occidentale, les négociations entre l'Union et l'OTAN témoignent de progrès qui se sont accomplis "à la vitesse de la lumière" pour reprendre une formule du Haut représentant de l'Union pour la PESC, M. Javier Solana.

 

 

 

 

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Mardi 20 septembre 2005 2 20 /09 /Sep /2005 00:00

   LE CADRE HISTORIQUE

 

 

L'histoire de l'idée européenne a fait l'objet de longues et savantes études qui montrent qu'à toute époque intellectuels ou hommes politiques ont révê d'unir les différents Etats européens. Il n'est pas besoin, afin de comprendre l'Union européenne de retracer le contenu de ces projets, mais il suffit de rappeler les principale étapes de la construction communautaire.

 

 

 

 

LA CREATION DE LA COMMUNAUTE EUROPEENNE DU CHARBON ET DE L'ACIER

 

 

La première organisation communautaire est née, au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il apparaissait alors nécessaire de reconstruire économiquement le continent européen, de réaffirmer, après la défaite du nazisme, les valeurs démocratiques communes ainsi que de renforcer la solidarité militaire dans le contexte de la guerre froide. En 1948, le Congrès de la Haye réunissait hommes politiques, industriels, syndicalistes, intellectuels et représentants des milieux religieux provenant tous de différents Etats européens. Il appela, dans son message aux Européens, à une union librement consentie des Etats européens. Cette impulsion conduisit à la création d'organisations européennes, fondées sur le modèle classique de la coopération intergouvernementale. Sur le plan économique, est créée, en 1948, l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) qui deviendra en 1962 l'Organisation de coopération et de  développement économique (OCDE), puis s'élargira à des Etats non européens. Sur le plan militaire, l'Union de l'Europe occidentale (UEO) et l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) voient le jour respectivement en 1948 et en 1949. Sur le plan politique, le Conseil de l'Europe est mis en place en 1949.

 

 

 

 

La première des organisations communautaires, la Communauté européenne du charbon et de l'acier, repose sur une logique différente de celle qui a conduit à la création de ces premières organisations européennes. Certes, il ne s'agit que d'une organisation sectorielle qui ne concerne qu'une branche particulière de l'économie, mais elle se présente comme le premier élément d'une unification beaucoup plus vaste de l'Europe. Inspirée de la démarche fonctionnaliste de Jean Monnet, elle vise, telle qu'elle est présentée par le ministre français des Affaires étrangères, Robert Schuman, le 9 mai 1950, à créer une solidarité de fait entre les Etats membres, solidarité qui s'étendra progressivement à d'autres domaines. Pour cette raison, sa structure diffère considérablement de celle des organisations de type classique. L'essentiel du pouvoir appartient à une Haute autorité indépendante des Etats membres, associée à un Conseil spécial des ministres, composé de représentants des Etats membres. Une cour de justice et une assemblée parlementaire, composée de représentants des parlements nationaux, complètent l'édifice. En raison de ces spécificités et des pouvoirs confiés à la Haute autorité, la doctrine inventera, pour définir la Communauté, le qualificatif de "Communauté supranationale". Le traité de Paris du 18 avril 1951 crée la CECA pour une durée limitée à cinquante ans. Il expirera donc le 23 juillet 2002 et, à cette date, le charbon et l'acier perdront leur régime particulier pour relever des dispositions du traité instituant la Communauté européenne. Un protocole, annexé au traité de Nice, règle les modalités de disparition de la CECA et le transfert de ses avoirs à la Communauté européenne. Le traité CECA est entré en vigueur entre six Etats (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas), le Royaume-Uni ayant choisi de demeurer à l'écart. A la différence des organisations classiques qui reposent sur la coopération des Etats membres ont accepté de transférer leurs compétences nationales à des institutions communes qui en ont désormais la charge et peuvent prendre des décisions obligatoires pour leurs membres.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'ECHEC DE LA COMMUNAUTE EUROPEENE DE DEFENSE

 

 

C'est pour s'être écartée de la voie d'une intégration progressive d'une Europe fondée sur des solidarités partielles que la construction européenne a connu son premier échec. En effet, face au développement de la guerre froide, la nécessité de réarmer l'Allemagne afin qu'elle participe à la défense de l'Europe s'est faite de plus en plus pressante. Comme, en raison d'un passé encore proche, il était difficile de faire accepter la renaissance d'une armée allemande indépendante, il est envisagé d'insérer le réarmement allemand dans un cadre européen. C'est le projet d'une Communauté européenne de de défense (CED) doublé d'un projet d'Union politique. Le refus français fera, le 25 mai 1952, échouer ces projets. La perspective d'une Union politique est écartée pour longtemps et l'élaboration d'une politique extérieure commune, qui comporterait des éléments de sécurité, ne sera reprise, de manière toute pragmatique, qu'en 1970 sous la forme de la coopération politique européenne.

 

 

 

 

LA RELANCE ET LES CRISES

 

 

Après l'échec de la CED, le retour à la voie initiée par la CECA restait la seule issue raisonnable. La conférence de Messine, en 1955, marquait la relance en chargeant un groupe présidé par le Belge Paul-Henri Spaak de préparer un rapport qui constitua la base de la création de deux nouvelles Communautés, l'une couvrant l'ensemble du domaine économique, la Communauté économique européenne (CEE aujourd'hui Communauté européenne), l'autre sectorielle, la Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA ou Euratom). Les traités signés le 25 mars 1957, entrèrent en vigueur le 14 janvier 1958. Ils étaient conclus pour une durée illimitée. Ils s'inspirent largement de la CECA, tout en gommant certains aspects supranationaux de celle-ci. L'objet premier de la Communauté européenne était l'établissement d'un marché intérieur sans frontières qui se caractérisait par la libre circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux. Cet objectif essentiel devait être complété par la mise en place de certaines politiques communes dont la plus importante pour la France était la politique agricole commune.

 

 

 

 

Marquées par la mise en place du Marché commun et l'établissement des politiques communes, les premièresannées de la Communauté n'en sont pas moins riches en débats politiques. L'accession au pouvoir du général de Gaulle en 1958 n'avait pas, comme certains le pensaient alors, entraîné une remise en cause de la Communauté européenne, mais elle marquait, sans aucun doute, l'affirmation d'une forte opposition à une évolution vers une Europe fédérale. Pour de Gaulle, l'Europe ne pourrait se construire que dans le respect des nations qui la constituent. Ceci n'empêchera pas la France d'accepter l'idée d'une Europe politique dès lors que la souveraineté des Etats membres était garantie et le plan Fouchet, du nom du président français du groupe chargé par les six en 1961 de préparer des propositions concrètes afin de favoriser l'Union politique, proposait une Union ayant pour objet une politique étrangère commune et une politique commune de défense. Les décisions auraient été prises à l'unanimité. Malgré des adaptations successives, le plan Fouchet ne pourra rencontrer l'accord des partenaires de la France. Ceux-ci craignaient les risques qui pouvaient naître pour l'intégration réalisée par les traités existants, de la juxtaposition d'une structure intergouvernementale aux Communautés. Mais, en même temps et de manière paradoxale, ils réclamaient l'entrée de la Grande-Bretagne dans les Communautés alors qu'ils savaient que cette entrée comporterait un risque tout aussi important pour les progrès de l'intégration. Un autre phénomène marquant sera la crise de la chaise vide provoquée par la France en 1965 en raison du caractère jugé inacceptable des propositions de la Commission qui liaient la réalisation de la politique agricole commune, d'intérêt primordial pour la France, à la création de ressources propres à la Communauté et à l'octroi d'un pouvoir budgétaire à l'Assemblée. Mais à travers cette crise conjoncturelle, l'objectif de la France était également d'obtenir des garanties afin de pouvoir préserver certains intérêts nationaux en cas de décisions prises à la majorité qualifiée. La crise se dénouera grâce au soi-disant "compromis de Luxembourg" de janvier 1966.

 

 

 

 

Après le départ du Général de Gaulle, en 1969, la voie était ouverte à l'entrée de la Grande-Bretagne dans la Communauté. Lors du premier élargissement en 1973, le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark devenaient membres de la Communauté. Cette période est également marquée par un important développement des politiques communautaires grâce à l'utilisation de toutes les virtualités des traités, par la mise en place des premiers instruments destinés à assurer la stabilité monétaire, le "serpent monétaire", puis en 1972, le "système monétaire européen". Sur le plan institutionnel, le développement de la coopération politique, instituée sur la base du rapport Davignon en 1970, et la nécessité d'assurer la cohérence entre cette coopération en matière de politique extérieure et l'action des Communautés, conduisent à la création du Conseil européen en 1974 avec, comme contrepoids démocratique, la décision de faire élire au Parlement européen au suffrage universel direct. Cette dernière décision va être, à terme, riche en développements institutionnels tant il est vrai qu'il ne sera pas possible de limiter un Parlement élu au suffrage universel à un simple rôle consultatif. La période est également marquée par l'ouverture de la Communauté aux nouvelles démocraties du sud de l'Europe: Grèce en 1979, Espagne et Portugal en 1985.

 

 

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Mardi 20 septembre 2005 2 20 /09 /Sep /2005 00:00

                         L’ERE DE LA RECONSTRUCTION

 

 

 

 

 

 

1945

 

 

- Février: l'armée Rouge entre dans Budapest (13).

 

 

- 4-11 février: à Yalta, conférence réunissant Roosevelt, Staline et Churchill qui organisent les ultimes manoeuvres militaires, estiment les réparations à exiger de l'Allemagne vaincue et se partagent le monde. Les pays de l'Est restent sous le contrôle de l'URSS, tandis qu'une organisation internationale garantira la liberté et la sécurité du monde (future ONU). La France obtient néanmoins une zone d'occupation en Allemagne. Bombardement de Dresde (14).

 

 

 

 

1946

 

 

- Etats-Unis: 10 janvier, l'ONU se réunit pour la première fois à New York.

 

 

- Winston Churchill désigne comme "rideau de fer" la frontière établie par Staline en Europe entre Etats libres et Etats du bloc communiste.

 

 

- Italie: la république est proclamée après l'abdication du roi Victor Emmanuel III et un référendum (2 juin).

 

 

- Accord avec l'Autriche sur Tyrol méridional (5 septembre).

 

 

- Grèce: le pays retrouve un régime monarchique; les forces américaines ont participé à la répression de la guerre civile.

 

 

 

 

1947

 

 

- URSS: 5 octobre, création à Belgrade du Kominform, "bureau d'informations des partis communistes européens", qui regroupe, sous l'autorité de celui d'URSS, les partis communistes de Pologne, Bulgarie, Roumanie, Yougoslavie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Italie et France.

 

 

- Allemagne de l'ouest: avec l'accord des ministres des Etats occidentaux, le parlement de Bonn est constitué (septembre).

 

 

- Les Etats du Benelux -Hollande, Belgique et Luxembourg- signent une alliance économique et douanière (janvier).

 

 

- Etats-Unis: 5 juin, Georges C. Marshall, secrétaire d'Etat américain, propose un plan d'aide économique à l'Europe qui l'accepte, hormis l'URSS.

 

 

 

 

1948

 

 

- Europe de l'Ouest: fondation de l'OECE réunissant les pays bénéficiaires du plan Marshall (16 avril), qui deviendra en 1960 l'Organisation de coopératon et de développement économiques (OCDE).

 

 

- Europe de l'Est: sous l'égide de l'URSS, crétion d'un conseil économique (Comecon), pendant du plan Marshall.

 

 

- Création à Amsterdam (août) du Conseil mondial des Eglises (Conseil oecuménique des Eglises) réunissant toutes les composantes du christianisme (Eglises luthériennes réformées, vieille-catholique, anglicane et orthodoxe).

 

 

- Allemagne de l'Ouest: création du Deutsch Mark par l'autorité militaire (20 juin).

 

 

- Blocus de Berlin par les Soviétiques (juin 1948/mai 1949); les Etats-Unis organisent un pont aérien pour approvisionner la ville.

 

 

- Portugal: 20 septembre, reconduction pour dix ans du pacte d'amitié liant le Portugal à l'Espagne (première signature en 1939).

 

 

- Tchécoslovaquie: 20 février, "coup de Prague"; les communistent noyautent la police, interdisent toute manifestation et gagnent les élections avec une liste unique.

 

 

- ONU: 10 décembre, Déclaration universelle des droits de l'homme.

 

 

 

 

1949

 

 

- Europe: 5 mai, fondation du Conseil de l'Europe.

 

 

- 4 avril: fondation du pacte de l'Atlantique Nord (OTAN) constitué par dix pays européens plus le Canada et les Etats-Unis. La Turquie et la Grèce adhèrent à la nouvelle organisation.

 

 

- Grande-Bretagne: 18 avril, l'Irlande devient république indépendante et se sépare du Commonwealth.

 

 

- Allemagne de l'Ouest: 23 mai, constitution provisoire  de la République fédérale allemande (RFA); Bonn capitale; Konrad Adenauer chancelier.

 

 

- Allemagne de l'Est: 30 mai, constitution de la République démocratique allemande (RDA).

 

 

 

 

 

 

1950

 

 

- 11 avril: première réunion des ministres du Conseil de l'Europe à Strasbourg. En plus des Etats de l'Europe occidentale, le Conseil de l'Europe regroupe aussi les trois pays scandinaves, l'Irlande et l'Italie.

 

 

- 9 mai: Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères, propose, en accord avec Jean Monnet, un pool charbon/acier à l'Allemagne fédérale, pool qui pourrait s'ouvrir à tous les pays d'Europe.

 

 

- Reconnaissance officielle de la République fédérale allemande (RFA) par les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de Grende-Bretagne et de France (19 septembre). Son gouvernement sera le seul légal de  l'Allemagne jusqu'à sa réunification.

 

 

- République démocratique allemande: 23 juin, approbation de la ligne Oder-Neisse avec la Pologne.

 

 

- Signature de traités d'amitié avec les démocraties populaires de l'Est puis adhésion au plan Molotov.

 

 

- URSS: 1er mars: création d'une "zone rouble" similaires aux zones dollar et sterling. 14 juin: accord économique avec la Finlande.

 

 

 

 

 

 

                                                                    L’EUROPE EN ROUTE

 

 

 

 

1951

 

 

- 18 avril: traité de Paris fondant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) entre la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la RFA.

 

 

- Europe du Nord: création de la Fédération nordique constituée par les Etats scandinaves hormis la Finlande.

 

 

 

 

1952

 

 

- 27 mai: traité de Paris instituant la Communauté européenne de défense (CED).

 

 

- Allemagne de l'Ouest: acceptation du plan Schuman sur le charbon et fin des restrictions de la production industrielle de la Ruhr.

 

 

 

 

1954

 

 

- 23 octobre: accords de Paris créant l'Union de l'Europe occidentale (UEO); le traité met un terme à l'occupation de l'Allemagne et rétablit la souveraineté allemande.

 

 

- Europe du Nord: occupation du Groenland par le Danemark. Les îles Féroé obtiennent l'autonomie. Norvège et Danemark précisent leurs accords d'assistance mutuelle.

 

 

- 9 août: pacte des Balkans entre la Grèce, la Yougoslavie et la Turquie, garantissant l'assistance mutuelle pour vingt ans.

 

 

 

 

1955

 

 

- Allemagne de l'Ouest: 8 mai, la RFA adhère à l'OTAN.

 

 

- 1er-3 juin: à la conférence de Messine, les ministres des Affaires étrangères évoquent un marché commun élargi à toute l'économie, y compris l'énergie nucléaire. La Grande-Bretagne refuse de participer aux travaux.

 

 

- 9-13 septembre: visite du chancelier Adenauer à Moscou et rétablissement des relations diplomatiques avec l'URSS. La réunification allemande (à laquelle l'URSS est opposée) est l'un des thèmes des discussions.

 

 

- Autriche: 15 mai, les troupes d'occupation quittent le pays. L'Autriche redevient un Etat indépendant et neutre, avec ses frontières de 1938.

 

 

- 14 mai: création du pacte de Varsovie, traité de défense mutuelle, qui place les armées d'URSS, Hongrie, Pologne, Bulgarie, RDA, Roumanie, Tchécoslovaquie et Albanie sous commandement unique.

 

 

 

 

1958

 

 

- Traité d'union économique entre les Etats du Benelux (Belgique, Hollande et Luxembourg).

 

 

 

 

 

1961

 

 

- Premiers pourparlers entre la Grande-Bretagne et les pays du Marché commun pour une éventuelle participation, à laquelle la France est opposée.

 

 

- Le Danemark demande son entrée dans le Marché commun.

 

 

- La Grèce s'associe au Marché commun.

 

 

- Allemagne de l'Est: 13 août, pour endiguer l'emigration vers la RFA, la RDA entreprend la construction du mur de Berlin, haut de 3m et long de 55 km, qui coupe la ville en deux. Symbole de la division entre les deux Allemagne, il sera abattu en 1989.

 

 

 

 

 

 

 

 

1962

 

 

- 14 janvier: premiers règlements sur la politique agricole commune (PAC) et création d'un fond européen d'orientation et de garanties agricoles.

 

 

- 14 juin: fondation de l'Organisation européenne pour la recherche spatiale.

 

 

 

 

1966

 

 

- 29-30 janvier: compromis de Luxembourg, pour mettre fin à la politique française de la "chaise vide": lorsque des intérêts importants sont en jeu, les décisions entre les Etats membres de la CEE seront prises à l'unanimité.

 

 

- France: mars, en désaccord sur des points concernant sa souveraineté, la France se retire de l'OTAN (à partir du 1er juillet).

 

 

- Espagne: 31 mars, blocus de Gibraltat.

 

 

1968

 

 

- 1er juillet: union douanière entre les Six. Suppression des droits de douane et mise en place d'un tarif douanier commun.

 

 

- Tchécoslovaquie: orientation du pays vers un socialisme plus libéral; mais les troupes de l'armée soviétique et du pacte de Varsovie entrent en Tchécoslovaquie et y stationnent afin de garantir la "normalisation".

 

 

 

 

1972

 

 

- Europe: 22 janvier, la Grande-Bretagne adhère à la CEE, ainsi que l'Irlande et le Danemark (le traité d'élargissement entrera en vigueur le 1er janvier 1973). La Norvège refuse, par référendum, son adhésion (26 septembre).

 

 

- 21 mars: création du "serpent monétaire européen" qui limite les marges de fluctuations entre les monnaies européennes.

 

 

- Allemagne: 12 mai, premier traité d'Etat à Etat (sur les transports) entre les deux Allemagne.

 

 

- Décembre: la RFA et la RDA sont admises à l'ONU.

 

 

 

 

1974

 

 

- 9-10 décembre: au sommet de Paris, il est décidé de faire élire le Parlement européen au suffrage universel direct et de réunir le Conseil européen trois fois par an.

 

 

- Grèce: les généraux grecs abandonnent le pouvoir à Constantin Caramanlis (24 juillet), qui rétablit la démocratie et les partis politiques. Un référendum abolit officiellement la monarchie (8 décembre).

 

 

- Chypre: les nationalistes grecs fomentent un coup d'Etat et exilent le président Makarios. Les Turcs débarquent au nord de l'île et y proclament un Etat autonome.

 

 

- Portugal: pacifique "révolution des oeillets"; des officiers de l'armée, opposés à la poursuite de la guerre coloniale en Angola (où les rebelles ont l'appui de l'URSS et de Cuba), renversent les représentants de la dictature de Salazar et mettent en place un gouvernement démocratique.

 

 

 

 

1975

 

 

- 28 février: la Convention de Lomé instaure des relations économiques entre la Communauté européenne et 46 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

 

 

- 9 mai: la France revient dans le serpent monétaire européen.

 

 

- 5 juin: les Britanniques se prononcent par référendum pour le maintien dans la CEE.

 

 

 

 

1979

 

 

- 1er janvier: instauration du Système monétaire européen (SME); seule parmi les Neuf, la Grande-Bretagne choisit de rester à l'écart.

 

 

- France: 7-10 juin, première élection du Parlement européen au suffrage universel (185 millions d'électeurs); Simone Veil élue présidente.

 

 

- 31 octobre: deuxième Convention de Lomé qui lie pour cinq ans la CEE à 58 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

 

 

 

 

1992

 

 

- Janvier: la CEE reconnaît les républiques de Croatie et de Slovénie.

 

 

- 7 février: les douze pays membres de la CEE ratifient le traité de Maastricht.

 

 

- 21 mai: réforme de la politique agricole commune.

 

 

- 2 juin: les Danois, par référendum, se prononcent contre la ratification du traité de Maastricht (50,7%).

 

 

- France: 23 juin, le Congrès vote une modification de la Constitution afin de pouvoir ratifier le traité de Maastricht.

 

 

- 17 septembre: conséquence de la crise monétaire, l'Italie et la Grande-Bretagne sortent du "serpent monétaire".

 

 

- 20 septembre: les Français, par référendum, approuvent le traité de Maastricht (51,4%).

 

 

 

 

1994

 

 

- 1er janvier: entrée en activité de l'Institut monétaire européen (IME) à Francfort.

 

 

- 1er avril: la Hongrie candidate à l'adhésion à l'Union européenne.

 

 

- 28 novembre: les Norvégiens refusent à nouveau par référendum l'adhésion à l'Union européennes.

 

 

 

 

1995

 

 

- 1er janvier: Entrée officielle dans l'Union européenne (15 membres) de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède.

 

 

- 26 mars: avec la Convention de Schengen, le contrôle d'identité aux frontières disparaît pour les Européens des sept pays signataires: Allemagne, Belgique, Espagne, Pays-Bas, France, Luxembourg, Portugal.

 

 

- 26 juillet: signature de la Convention Europol pour lutter contre le trafic de drogue, l'immigration clandestine et le terrorisme.

 

 

- 4 novembre: quatrième Convention de Lomé entre l'Union européenne et 71 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

 

 

- 15-16 décembre: au Conseil européen de Madrid, choix de la future monnaie unique de l'Europe: l'euro.

 

 

 

 

1997

 

 

- 16-18 juin: modification du traité de Maastricht au Conseil européen d'Amsterdam.

 

 

- 12-13 décembre: le Conseil européen de Luxembourg ouvre des négociations d'adhésion avec l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovénie et Chypre.

 

 

 

 

1998

 

 

- 12 mars: réunion entre les ministres des Affaires extérieures des quinze et les onze pays candidats à l'adhésion (la Turquie s'étant retirée).

 

 

- 25 mars: réunion sur le lancement de la monnaie unique européenne (euro): 11 pays sur 15 acceptent d'y participer dès 1999 (Royaume-Uni, Suède et Danemark n'ont pas souhaité y participer dans un premier temps).

 

 

 

 

1999

 

 

- 15 mars: la Commission, pour mauvaise gestion, démissionne collectivement sous la pression du Parlement européen.

 

 

- Adhésion de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque à l'OTAN.

 

 

- Sommet à Cologne des pays les plus industrialisés: annulation des dettes pour les 40 pays les plus pauvres de la planète.

 

 

- Sommet de Seattle: échec des négociations commerciales entre l'Europe et les Etats-Unis; mobilisation contre l'utilisation des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) dans l'industrie agro-alimentaire.

 

 

- 10-11 décembre: le Conseil européen d'Helsinki confirme l'admission de la Turquie comme candidate à l'adhésion et annonce la création d'une force d'intervention armée de 50 000 à 60 000 hommes d'ici 2003.

 

 

 

 

 

 

                                                         AUJOURD’HUI ET DEMAIN

 

 

 

 

 

 

2000

 

 

- Avril: chute, sur les marchés boursiers, des actions des nouvelles technologies.

 

 

- 19-20 juin: le Conseil européen de Feira prévoit la mise sur pied d'une force de police de 5 000 hommes pour 2003.

 

 

- 26 septembre: modification du préambule de la Charte européenne des droits fondamentaux: à la demande de la France, substitution du "patrimoine sprituel et moral" au "patrimoine religieux".

 

 

- 7-11 décembre: le Conseil européen de Nice adopte la Charte européenne des droits fondamentaux et modifie, après de difficiles négociations, les institutions européennes en vue de l'élargissement de la Communauté: chaque Etat désignera un seul commissaire jusqu'à ce que l'Union comporte 27 membres. Une nouvelle pondération des voix, au sein du Conseil, maintenant l'influence prépondérante des grands Etats, entrera en vigueur en 2005. La répartition des sièges au sein du Parlement européen est modifiée. L'accord prévoit le nombre de voix et de sièges qui reviendront aux pays candidats à l'élargissement. Le principe du vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil est étendu à de nouveaux domaines, mais l'unanimité sera nécessaire pour certains points cruciaux (fiscalité, droit d'asile, immigration, protection sociale...).

 

 

 

 

2002

 

 

- 1er janvier: l'euro remplace avec succès les monnaies des pays signataires de l'accord sur la monnaie unique (le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark restent à l'écart).

 

 

- 28 février: première réunion de la Convention sur l'avenir de l'Europe à Bruxelles, dont l'objectif est de réformer les institutions de l'UE et les partages de compétences. Valéry Giscard d'Estaing, son président, prône une Constitution européenne.

 

 

- 21-22 juin: sommet européen de Séville essentiellement consacré à la lutte contre le terrorisme et l'immigration clandestine ainsi qu'à l'établissement d'une politique commune d'asile et d'immigration en coopération avec les pays d'origine ou de transit.

 

 

- 12-13 décembre: lors du onseil européen de Copenhague, l'Union européenne et dix pays candidats à l'adhésion scellent leur union par un accord sur les conditions économiques et financières de l'élargissement. Chypre, Malte, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie et les trois Etats baltes, Estonie, Lituanie et Lettonie rejoindront l'Union le 1er mai 2004. L'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie est reportée à la fin 2004 si elle poursuit son processus de réformes démocratiques.

 

 

 

 

2004

 

 

- 1er mai: à Dublin, les Quinze (Irlande, Royaume-Uni, Portugal, France, Espagne, Italie, Grèce, Autriche, Allemagne, Luxembourg, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Suède, Finlande) ouvrent les portes de l'Europe à dix nouveaux partenaires (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, République tchèque, Malte et Chypre). L'Europe passe à 25, tout en gardant douze étoiles sur son drapeau et devient, avec 455 millions d'habitants et 28% de la richesse mondiale, la première puissance économique mondiale.

 

 

- Décembre: ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie. Lors de ses voeux pour 2005, le président Chirac annonce qu'un référendum sur la Constitution européenne (pour laquelle il appelle à voter oui) aura lieu en France avant l'été 2005.

 

 

Par C SIMON NAY - Publié dans : europe
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